Dépressif, il trouve du travail en tant que Chief Sadness Officer
Qui a dit que la dépression était incompatible avec le travail ? En pleine dépression, Jules a su décrocher un poste en tant que Chief Sadness Officer (CSO) en télétravail. Un témoignage poignant qui pourrait servir d'exemple à celles et ceux qui ont perdu tout espoir.
— Comment allez-vous, Jules ?
— Très mal. Je me sens vide, triste, seul. Je n'ai plus d'énergie, plus de motivation. D'ailleurs, qu'est-ce que je fous là ?
— Vous êtes venu nous parler de votre nouveau travail.
— Quel travail ?
— Votre rôle de Chief Sadness Officer.
— Ah, ce truc-là ! Bah en fait, c'est simple. Je reste chez moi à déprimer, et quand un collaborateur de la boîte n'est pas assez productif, l'entreprise lui demande de m'appeler. Mon rôle est alors de faire croire que la dépression est liée à un manque de productivité. Et quand je raconte mes journées de merde, ça fait tellement flipper les gens qu'ils redoublent d'efforts au travail.
— Mais ce n'est pas un peu vicieux, du coup ? Vous n'avez pas le sentiment de créer un wagon de dépressifs avec cette méthode ?
— Si, mais bon... C'est un peu le contrat qui veut ça. Il paraît que ça marche bien à court terme, mais que ça foire à long terme vu que tout le monde finit par péter un câble. Pour les entreprises qui n'ont pas peur du turnover, un CSO peut toutefois faire des miracles.
— En parlant de contrat... Vous êtes en CDD ou en CDI ?
— C'est un CDI, pour Contrat de Dépression Indéterminée. Mais heureusement, j'ai de bons somnifères, anxiolytiques et antidépresseurs.
— Bon courage, Jules. La route est longue...